Je suis l’indien

Indien

Indien

Je suis l’indien

Je fuis,

Je fuis dans ma forêt

 

Je suis l’indien,

Je fuis,

Je fuis le diable blanc

de la chanson « Duerme negrito »

Mais mon enfant, lui, ne dors pas

Il entend la course de mes pieds qui ensanglantent la terre

Il attend mon retour le souffle court.

 

Je suis l’indien,

Je crie,

Je crie dans ma forêt.

Qui des oiseux, des pumas et des lions me voit,

Sinon mon enfant,

Qui m’attends sans savoir

Que le diable blanc le prendra,

Qu’il lui donnera

Des paniers en paille à tresser

Pour qui, pourquoi ?

Pour le regard vide et pressé des touristes,

pour les pièces de monnnaie

jetées dans l’air torride,

pour la bière fade qui enflera son ventre,

martel en tête,

et d’ennui il soupire,

et la forêt s’éloigne.

 

Et il m’attendra…

 

poème d’Irène Danon, le 07 juillet 2014

 

Et voilà ce que chante le petit indien de mon poème dans la réserve

Um indio, musique de Caetano Veloso

 

Um índio descerá de uma estrela colorida e brilhante

Un indien descendra d’une étoile colorée et brillante

De uma estrela que virá numa velocidade estonteante

D’une étoile qui viendra à la vitesse éclair
E pousará no coração do hemisfério sul, na América, num claro instante

Et se posera au cœur de l’hémisphère sud, en Amérique, dans un clair moment
Depois de exterminada a última nação indígena

Après l’extermination de la dernière nation indigène
E o espírito dos pássaros das fontes de água límpida

Et l’esprit des oiseaux, des sources, de l’eau limpide
Mais avançado que a mais avançada das mais avançadas das tecnologias

Plus avancé que la plus avancée des technologies les plus avancées
Virá, impávido que nem Muhammed Ali, virá que eu vi

Il viendra, impavide comme Muhammed Ali, il viendra je l’ai vu
Apaixonadamente como Peri, virá que eu vi

Passionnément comme Peri, il viendra je l’ai vu
Tranqüilo e infalível como Bruce Lee, virá que eu vi

Tranquille et infaillible comme Bruce Lee, il viendra je l’ai vu
O axé do afoxé, filhos de Ghandi, virá

Fils de Gandhi, il viendra

Um índio preservado em pleno corpo físico

Un indien préservé dans la force de son corps
Em todo sólido, todo gás e todo líquido

Tout en solide, tout en gaz, tout en liquide
Em átomos, palavras, alma, cor, em gesto e cheiro

En atomes, en mots, âme, couleur, en gestes et odeurs
Em sombra, em luz, em som magnífico

En ombre, en lumière, en son magnifique
Num ponto equidistante entre o Atlântico e o Pacífico

Sur un point équidistant entre l’Atlantique et le Pacifique
Do objeto, sim, resplandecente descerá o índio

De l’objet resplendissant l’indien descendra
E as coisas que eu sei que ele dirá, fará, não sei dizer

Et les choses qu’il dira, qu’il fera, je ne sais les dire
Assim, de um modo explícito

Comme ça, de façon explicite
(Refrão)

Refrain
E aquilo que nesse momento se revelará aos povos

Et ce qui à ce moment là se révèlera aux peuples
Surpreenderá a todos, não por ser exótico

Surprendra non par son exotisme
Mas pelo fato de poder ter sempre estado oculto

Mais du fait d’avoir toujours été occulté
Quando terá sido o óbvio

Malgré son évidence.

Traduction française d’Irène Danon

Une réponse à “Je suis l’indien”

  1. Anisa Manescu
    10 juillet 2014 à 16:06 #

    Chère Irène,
    j’adore la chanson qui donne la joie et le courage, je l’écoute en boucle…

    … et ton petit poème est paresemé des larmes, des cris des entrailles, des protestations contre l’abus des touristes et de leur « regard vide et pressé » qui « jettent quelques pièces de monnnaie  » au désespoir de ceux qui labourent pour gagner un jour de plus de dignité au milieu de l’indiférence et de l’abus habituel de nos semblables, « le diable blanc ».

    .. il y a la souffrance, mais il y aussi l’espoir… »et il m’attendra ». La forêt amazonienne attend chacun de nous pour la preserver et pour l’aimer dans son état naturel! :)

    Frans Krajcberg, un militant engage pour la forêt amazonienne, a pris la nationalité brésilienne depuis 1956 et découvre en 1964, à son retour au Brésil, les ravages de la déforestation contre laquelle il ne cessera alors de témoigner en multipliant ses photographies et l’utilisation systématique des racines et des troncs brûlés, qui sont désormais au centre de son œuvre.

    « Je veux crier ma révolte ! »

    La destruction des ressources naturelles ne cessant de s’amplifier, Krajcberg a engagé sa vie et son œuvre dans cette lutte planétaire, avec une audience grandissante.

    Je vous invite à visiter ‘l’Espace Krajcberg’ du Musée du Montparnasse : http://www.espace-krajcberg.com/ pour un évéil de notre conscience aux douleurs de la planète Terre!

    Par amour pour la Nature, restons-unis-et-en-harmonie comme dans une ronde de joie!

    Anisa

Laisser un commentaire

Deux ans au soleil |
Ragman en voyage |
Le pays des neiges |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Au bout du monde
| un an au pays des tacos
| A Canadian Adventure