La chasse aux singes en Amazonie influe sur le réchauffement de la planète

26  jenvier2016

Qu’est-ce que la chasse aux singes en Amazonie peut avoir à faire avec le réchauffement mondial ? Une étude publiée ce lundi 25 janvier 2016 relie les deux choses de manière inédite et pour la première fois.

Les singes dispersent les semences des grands arbres en Amazonie.

La réduction ou disparition des animaux qui dispersent les semences des grands arbres, (les arbres à troncs particulièrement larges ont tendance à disparaître)  réduit la capacité des forêts à absorber du carbone, gaz responsable en majeure partie de l’effet de serre. A long terme ce processus influe sur le réchauffement de la planète.

Le lien entre ces deux faits a été étudié par une équipe de scientifiques brésiliens, américains et anglais sous la direction du biologiste brésilien Carlos Peres, de l’Université Britanique East Anglia, dans une étude publiée dans la revue PNAS. L’évaluation qu’ils ont faite du potentiel de chasse regroupe près d’un million des domiciles ruraux qui existent en Amazonie brésilienne. Leur analyse visait principalement  les grands mammifères qui mangent des fruits, en particulier les singes (macaco-barrigudo, macaco-aranha).

Ces animaux, particulièrement touchés par la chasses,  sont liés mutuellement – dépendance de l’autre pour vivre – aux grands arbres, dont les troncs sont épais. Seuls les singes parviennent à manger et à disperser leurs grandes semences.

Par ailleurs ce sont précisément ces grands arbres qui absorbent la plus grande quantité de carbone dans la forêt. Sans les animaux pour disperser leurs semences ces arbres ont tendance à disparaître, et sont remplacées par d’autres semences plus petites, qui donnent naissance à des troncs plus fins et par conséquent qui absorbent moins de carbone.

Les chercheurs prévoient que la disparition de cette faune (singes) peut entrainer la réduction moyenne de la biomasse de la forêt jusqu’à 5,8% et, dans certaines régions, jusqu’à 37,8%.

Ceci entraine pour conséquence qu’environ 3,08 à 7,36 gigatonnes de carbone ne seront pas absorbées. Pour donner une idée plus précise, le Brésil entier émet environ 1,5 gigatonnes par an de carbone. Les chercheurs estiment que la perte économique qui en découlerait, en tenant compte du potentiel du marché du carbone, dans des mécanismes à l’exemple de Redd (La Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts, désormais un outil de lutte contre le changement climatique): entre US$ 5,9 milliards et US$ 13,7 milliards.

Pour chiffrer l’équipe de Peres a aussi bien travaillé sur des modèles mathématiques que sur des calculs basés sur le travail de terrain. Initialement ils ont localisé tous les domiciles ruraux d’Amazonie pour estimer l’impact de la chasse par rapport à chaque lieu. Ils considèrent par exemple que pour chaque domicile il existe un potentiel de chasse qui peut se déplacer sur un rayon de 10km autour du domicile.

Les scientifiques ont travaillé de manière à calculer la présence de toutes les espèces d’animaux pesant plus de 1kg, ce qui inclut pratiquement tous les primates.

“Nous savons qu’il y a environ 120 espèces qui sont chassées. Le singe araignée (macaco-aranha), le singe ventru (barrigudo) sont les plus touchés par la chasse et sont les meilleurs substituts pour disperser les semences. Ils mangent beaucoup de semences qui, une fois digérées, sont toutes prêtes à germer. Ces animaux sont les grands jardiniers explique Peres au Journal “O Estado de S. Paulo”.

L’équipe de chercheurs a ensuite croisé ces informations avec le plus grand inventaire de la forêt qui ait jamais été réalisé, le  Radam-Brasil, au début des années 70, qui a calculé la distribution de tous les arbres et leur structure comptant 2.345 parcelles de 1 hectare. On a quantifié presque 130 mille arbres de plus de 32 centimètres de diamètre.

“Pour chacune de ces 2.345 parcelles nous avons appliqué un modèle d’extinction des espèces d’arbres vulnérables qui vont disparaître avec la disparition des animaux frugivores. « Nous avons fait mille simulations avec la perte des animaux et mille sans leur perte”, a indiqué le chercheur. La conclusion est qu’entre 77% et 88% de toutes les parcelles peuvent subir une perte de biomasse en arbres résultant de la chasse.

« Le problème, explique le chercheur, est que ces grands arbres dépendent essentiellement de ces animaux pour la dispersion de leurs semences. Comme leurs troncs sont larges, ce sont ces grands arbres qui stockent le plus de carbone. Peu à peu, dans les espaces de chasse, ces espèces sont remplacées par des arbres aux petites semences et en bois léger, de faible densité, qui stockent peu de carbone”.

“Bien entendu là où la forêt est dégradée il y a une population plus grande, mais la superficie totale  de la forêt qui peut être affectée par la chasse est plus importante que toute la partie déboisée jusqu’à ce jour en 45 ans d’exploitation”, commente Peres. “Si la chasse des grands mammifères continue, l’Amazonie peut perdre beaucoup de sa capacité à stocker du carbone ».

 

Source: UOL

Avec des informations de « Estado de São Paulo »

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Auteur :izidon

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