Le tissu écologique de la forêt

seringueiro

Artisanat local d’Amazonie

Il y a 25 ans j’ai écrit une thèse « l’Amazonie, un défi pour l’avenir« . Il y était question, après l’assassinat tragique du seringueiro* Chico Mendes, de la déforestation, des changements climatiques qui peuvent en résulter, des hommes en particulier les seringueiros qui vivent de la récolte du latex et qui luttent contre les grands propriétaires terriens. Enfin des pistes étaient suggérées pour la survie des homme et de la forêt grâce à de nouvelles solutions écologiques.

Aujourd’hui,  en navigant sur internet je découvre un article sur le tissu écologique de la forêt. Après maintes recherches et pérégrinations, je parviens à joindre le gérant d’une coopérative en Amazonie brésilienne.

Dès le premier contact avec Joäo, j’ai ressenti  l’enthousiasme d’un homme qui se bat pour la préservation de son environnement et pour les seringueiros, les récoltants du latex dans les réserves forestières.

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Joäo et le directeur dans la coopérative

 

 photo  réalisée par Joäo.

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Joäo, gérant d’une coopérative en Amazonie

 

latex

la récolte du latex de l’hévéa

La récolte du latex se fait en entaillant l’écorce de l’hévéa. Le lait ainsi extrait permet grâce à une technique totalement artisanale de fabriquer un tissu naturel qui ressemble à du cuir,  doux au toucher.

 

seringueiro

fabrication du tissu écologique, ou cuir végétal, ou tissu de la forêt

Il m’a fallu convaincre Joäo. Dans la coopérative les seringueiros fabriquent les toiles artisanales  en latex.  Je souhaitais  faire réaliser par une couturière locale des sacs en tissu de la forêt afin que les occidentaux puissent découvrir l’artisanat amazonien. L’idée de divulguer en France  le savoir-faire et la créativité  de la communauté des seringueiros a enthousiasmé Joäo.

Ces sacs, je les ai reçus un an après nos premiers échanges de mails. Ils ont une belle finition et ont été conçus avec soin.

J’ai créé Miquinhos pour que le commerce de ces produits naturels puisse contribuer à faire vivre des hommes qui travaillent dans les réserves forestières. Chaque sac porté aide une famille à vivre en harmonie avec son environnement, dans le respect de la forêt.

pancarte d'intrdiction

panneau interdisant le déboisement de la réserve amazonienne

Les photos ont été réalisées par Joäo, gérant de la coopérative.

Comment traverser l’hiver amazonien…

L’hiver amazonien chaud  tropical humide est caractérisé aussi par la période de pluies entre les mois d’octobre et d’avril. C’est là que je comprends le temps qu’il a fallu avant que les tissus en latex de la forêt amazonienne n’arrivent jusqu’ici, à Paris.

Car pour transformer la sève de l’hévéa en tissu, il faut du soleil, la toile sèche au soleil après avoir subi ou non un processus de vulcanisation. Puis pour transporter le latex  encore liquide il faut passer par des routes parfois inondées où la moto de João s’embourbe… Parfois comme sur cette photo il se retrouve sans essence et doit pousser sa moto à pied en transportant 10 litres de latex liquide.

galao de latex galao de latex2

 

L’histoire d’un « seringueiro », Chico Mendes

« Au début, je pensais que je me battais pour sauver les hévéas ; puis j’ai pensé que je me battais pour sauver la forêt amazonienne. Maintenant, je sais que je me bats pour l’humanité ».

Un homme, l’Amazonie, des luttes

Francisco Mendès Alves Filho dit Chico Mendès, né le 15 décembre 1944 à Xapurí au Brésil, était le leader militant syndicaliste brésilien le plus connu parmi ceux qui ont défendu les droits des seringueiros, ouvriers chargés de recueillir le latex dans les plantations d’hévéa d’Amazonie.

Issu d’une famille de seingueiros lui-même, il prit rapidement position lors de l’effondrement des cours de l’Hévéa dans les années 60 face aux grands propriétaires terriens éleveurs de bétail, qui spolièrent les petits exploitants ruraux et défrichèrent les cultures d’Hévéa.

Mais la défense des intérêts des petits paysans fut, pour Chico Mendès, le point de départ d’une lutte à la fois locale, sociale et environnementale.
Il a contribué à la création d’un syndicat national des récolteurs de caoutchouc et a préconisé la création de réserves forestières gérées par les communautés et ayant pour objectif la conservation et la mise en valeur durable des ressources forestières.

En 1985, le premier congrès des Seringueiros, organisé à Brasilia, attire l’attention du monde entier sur les menaces pesant sur les moyens de subsistance des populations qui vivent en forêt et de la forêt.

Chico Mendes a été assassiné à l’âge de 44 ans le 22 décembre 1988 chez lui à Xapurí, devant sa famille, par des tueurs à gages payés par un riche propriétaire terrien.

Le meurtre de Chico Mendès a ému le monde entier. Il a fait la une des manchettes dans presque tous les pays, et la page de couverture du New York Times. En partie grâce à l’attention des médias internationaux suite à son assassinat, des réserves forestières ont réellement été créées dans la région où il vivait.

Extrait de Nord Nature Chico Mendès

Chico Mendes seringueiro

Chico Mendes seringueiro

 

seringueira

seringueira

 

Contactez-moi si vous êtes intéressés par les produits en tissu écologiques de la forêt.

* les seringueiros sont les ouvriers récoltants du latex de l’hévéa

 

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Auteur :izidon

mon site est consacré à l'artisanat du Brésil et à des pauses poétiques

5 Réponses à “Le tissu écologique de la forêt”

  1. 9 octobre 2011 à 0:13 #

    Belle et juste Cause !
    Bonne continuation !
    Amicalement
    Anne

    Dernière publication sur Je me SOUVIENS... : FRERES ennemis etc...

  2. 19 janvier 2012 à 11:27 #

    Bravo pour le partage et merci du voyage.

    Cette partie du monde est à protéger, elle est le poumon de notre terre et si nous l’asphyxions, nous allons y perdre beaucoup.

    A bientôt.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

  3. patricia
    8 février 2016 à 16:50 #

    Bonjour,

    Je suis tombée sur votre site suite à de longues recherches sur internet. je suis designer de sac en coton, chanvre et jute bio et je cherche une alternative au cuir végétal pour mes sacs. je suis engagée dans la protection de notre planète, de la dignité des hommes qui y vivent et aussi des animaux et je veux offrir un produit qui respecte ces 3 principes. Et qui soit beau :)
    C’est pourquoi je suis très intriguée par ce véritable cuir végétal. j’aimerais discuter d’une possible collaboration.

    Cordialement,
    Patricia

  4. 17 février 2016 à 17:42 #

    Merci de votre message Patricia, je suis toute prête à collaborer avec vous pour que vos créations se réalisent.
    Izidon

  5. Damien
    7 avril 2017 à 11:18 #

    Bonjour,

    Je créé mes propres bijoux et moi aussi je recherche une alternative au cuir. Votre presentation m’a plu. Est-ce possible de se contacter ?
    Je vous laisse mon mail.

    Damien

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